Un ouvrage pour maîtriser la documentation juridique

Where to start ? Horrgakx. Flickr. CC by-nc-sa

La gestion de la documentation juridique / Stéphane Cottin.- Paris : L.G.D.J., lextenso éditions, 2011 (systèmes Droit)

Analyse à paraître dans la revue Documentaliste-Sciences de l’information (ADBS)

Maîtriser la notion de document juridique, en apprécier les contours et savoir le localiser, c’est ce qu’il convient de faire en amont pour retrouver, dans les meilleurs délais, celui qui nous sera utile. Cet ouvrage va nous y aider. Le droit irriguant tous les secteurs d’activité, ce manuel rejoindra avec profit les usuels des juristes, qui y trouveront aussi des pistes de réflexion sur la question, tout comme la documentation d’autres professionnels pour qui il constituera un point de repère extrêmement utile.

Où l’on s’aperçoit que ce document juridique, que l’on croit connaître, prend de multiples formes. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les premiers points exposés : les diverses divisions du droit, la variété de ses sources et la diversité de ses supports matériels et immatériels. Nul étonnement alors à découvrir qu’il s’est avéré nécessaire de développer toute une panoplie d’outils et de méthodes d’apprentissage de la documentation juridique.

Le document juridique cerné, il convient de le classer, lui et les gisements de données juridiques. Voilà des problématiques bien connues des professionnels de l’information. Où l’on parle de notices bibliographiques, de l’œuvre et de ses expressions, du fond et de la forme du document ainsi que du cycle de vie de l’article de périodique. On y découvre une nomenclature permettant de maîtriser la variété des documents et souligne les difficultés rencontrées pour quantifier les documents juridiques, ne serait-ce que pour faire la part entre flux et stock. Le panorama n’aurait pas être complet si on avait pas quantifié les juristes. Les voici circonscrits, eux aussi, dans toute la gamme de leurs métiers. Et, pour clore, un chapitre déjà riche, on trouvera des listes de méthodes et d’aides à la rédaction de documents, des règles en matière d’abréviations et, point essentiel, plusieurs pages  consacrées aux méthodes de citation.

A l’heure où les TIC sont incontournables, ajouter une présentation du vocabulaire juridique et des références sur le jargon informatique, était une bonne entrée en matière au deuxième chapitre consacré à la documentation juridique. Stéphane Cottin ne pouvait manquer d’ajouter quelques pages sur l’ordinateur et le bureau virtuel « idéaux ». Il convenait, bien sûr, de dresser un l’historique de  l’Internet, de distinguer mail, usenet et web, l’origine de divers corpus, d’ajouter quelques mots sur les moteurs de recherche et les prospectives, de faire un zoom sur le web 2.0 et le web des objets. Toutes ces notions pouvaient alors être appliquées au droit, sans négliger les perspectives données pour sa valorisation en France et à l’étranger, en élargissant le champ à celui des données publiques, une question qui fait l’objet de toutes les attentions en ce moment.

Suit un retour à la recherche documentaire, à la « lente construction d’un statut de la donnée juridique » et les opportunités offertes par les bases de données pour assurer les principes  d’intelligibilité et d’accessibilité du droit. On y présentera, tout naturellement, le Service public de diffusion du droit par l’internet, avec un regard toujours utile sur les expériences étrangères. Le point pratique qui clôt le chapitre a trait aux méthodes de localisation des ressources, qu’elles soient papier ou numériques, et à ses évolutions vers un effacement progressif des zones grises.

Dans un chapitre consacré à « la maîtrise de la recherche documentaire », l’attention se porte sur les listes de mots clefs, les thesaurus et les ontologies juridiques et, en matière de veille documentaire sur la syndication et l’offre de veille. Après un point fait sur la recherche sur Légifrance et sur les diverses alternatives, l’accent est mis sur les licences de rediffusion, et sur la légistique, manière d’écrire le droit, lorsqu’elle est assistée par ordinateur, tant pour les normes, la jurisprudence que la doctrine. La question méthodologique qui signale la fin d’un chapitre est consacrée à l’’autoformation.

Une dernière partie évoque les débats relatifs à l’accès libre au droit, à la maîtrise des coûts d’accès à l’information, à l’identité numérique sur le web 2.0, aux blogs et aux réseaux sociaux et à l’impact sur le document juridique du contrôle de l’internet, soit autant de thèmes qui mériteraient des développements à part entière. Guide pratique, on y trouve aussi des recommandations tout à fait utiles en conclusion et une extraordinaire bibliographie, qui pourrait servir de modèle à tout documentaliste.

Voici un ouvrage qui répond très certainement au souci de rendre la loi intelligible et accessible.

3 comments

  1. […] Un ouvrage pour maîtriser la documentation juridique – Paralipomènes Le droit irriguant tous les secteurs d'activité, ce manuel rejoindra avec profit les usuels des juristes, qui y trouveront aussi des pistes de réflexion sur la question, tout comme la documentation d'autres professionnels pour qui il … Source: paralipomenes.net […]

  2. […] juridique, qui vient de paraître chez Lextenso éditions, dans la collection Systèmes Droit. Une autre note de lecture traite, avec l’oeil du documentaliste, du livre de M. […]

  3. […] Un ouvrage pour maîtriser la documentation juridique – Paralipomènes Nul étonnement alors à découvrir qu'il s'est avéré nécessaire de développer toute une panoplie d'outils et de méthodes d'apprentissage de la documentation juridique. Le document … Source: paralipomenes.net […]

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