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Effacement de la matérialité des supports. Et après ?

Un seul mot disparaît …

Une journée d’étude pour une «oraison funèbre » de la matérialité, accolée au support par la loi de sur les archives de 1979, supprimée dans la loi de 2008. Quelle belle occasion pour s’interroger sur  les conséquences d’une telle suppression  par un regard croisé de plusieurs disciplines !

Je ne ferai pas de compte rendu de cette journée, organisée par les étudiants de Master 2 Histoire et métiers des archives de l’université d’Angers, pour laquelle des actes seront proposés prochainement. Mais, outre la mise en ligne de la présentation que j’ai faite à cette occasion, je ne peux pas manquer de reprendre quelques idées que j’ai retenues.

Le plus important, selon moi, est le poids qui doit être donné à la sociabilité des lieux (transition déjà réalisée par certaines bibliothèques, notamment à Angers), mais aussi aux réseaux (folksonomies, un terme aujourd’hui désuet) et au partage (linked data, licences libres).

S’interroger sur la lecture en ligne, ses points d’ancrage dans le passé et ses nouveautés,  a mis l’accent sur la structuration des informations et au rôle joué à cet égard par les documentalistes, soit aux « architectes de l’information », qui seront présentés, je le souligne volontiers aussi, dans le prochain numéro de la revue Documentaliste, éditée par l’ADBS.

Il fut intéressant aussi de constater que la confiance dans la matérialité peut-être illusoire, l’affect aux objets tout autant, qu’il y a des médiathèques personnelles (ayant vocation à être diffusées ?), que la variante n’est pas une dégradation, et tout à fait passionnant, de découvrir la réappropriation des supports d’archives, telle qu’elle a été faite par de très nombreux artistes.

Alors, certes, les archives 2.0, n’ont pas encore vraiment émergé, même si certains services ont déjà pris le pli de la capture électronique des documents et si des frémissements sont notés çà et là. Mais gageons que de telles journées permettront de tels développements, et il le faut car ils sont dans l’air du temps !

Une exploration juridique du datamining

A paraître sur les pages « Droit de l’information » de l’ADBS

Après avoir abordé la donnée publique, la donnée libre et le Cloud computing, pourquoi ne pas se pencher sur les aspects juridiques du datamining, procédé qui intéressera tous les gestionnaires de l’information et qui, comme nous l’avions noté en 2009, fait l’objet d’une clause expresse du projet de Règlement Google Livres ?

Le datamining présente toutefois de multiples facettes, que l’on n’aura pas épuisées, et  Google, dans cet exposé, ne sert qu’à illustrer certains aspects de la question.

Le datamining pour faire parler les données

Le datamining, technique qui va au-delà de la simple interrogation de données et même d’une analyse des données classique [11], consiste à extraire des informations pertinentes, non décelables immédiatement, par des techniques automatiques ou semi-automatiques, à partir d’une base constituée d’un très grand volume de données internes et/ou de données rapatriées. Read more

Le droit, un frein pour numériser et valoriser la presse ?

Regards croisés sur la mise en ligne et la valorisation de la presse XIX-XXI. Intervention faite à Lyon  lors des journées d’étude co-organisées par les laboratoire Elico (Lyon), Gresec (Grenoble) et la Bibliothèque municipale de Lyon, les 6 et 7 mai 2010.

Présentation vidéo sur le site de la Bibliothèque municipale de Lyon (partie juridique à partir 1 h 47) … ce qui n’est pas une incitation à occulter les interventions qui précèdent

« (…) Réveillez une archive qui dort » [1]

Que l’on soit un éditeur ou une institution culturelle, il s’avère important de sauvegarder un fonds de presse menacé de disparaître et de le valoriser, pour valoriser son image lorsque l’on est éditeur, pour la richesse documentaire qu’il représente lorsque l’on est une institution.

Des questions juridiques se posent ; elles servent malheureusement quelquefois d’alibi pour refuser les travaux qui s’imposent, éviter de mettre les publications à la disposition du public ou pour les proposer à des conditions très restrictives qui ne sont pas toujours justifiées.

« L’archipel » des droits ? [2]

Plusieurs droits peuvent entrer en lice pour protéger le fonds et ses éléments : le droit d’auteur, le droit du producteur de base de données, le droit des marques, … La responsabilité peut être engagée pour parasitisme, non-respect de la vie privée, droit à l’image, etc. Il est utile aussi de connaître les dispositions sur la réutilisation des données publiques.

En ce qui concerne le droit d’auteur, un article, une interview, une photographie sont des créations intellectuelles et une mise en forme originale suffit pour que ces créations soient protégées par le droit d’auteur.

On rappellera aussi que les droits d’auteur se déclinent en droits patrimoniaux, que sont le droit de reproduction, de représentation et d’adaptation, et en droits moraux, protégeant la personnalité de l’auteur que sont les droits à la paternité, au respect de l’intégrité de l’œuvre, de divulgation et de retrait ou de repentir. Read more

Libérons les données ! De quelques aspects juridiques

A l’heure où l’on évoque la libération des données publiques [1] et le Web des données [2], ou encore le data journalisme, il semblait utile d’approfondir cette question que l’on avait abordée en 2006 pour les données de la recherche.

Les enjeux

Dans le domaine scientifique, il est essentiel de partager les informations. Pouvoir reconnaître la qualité de  biens collectifs aux résultats de la recherche devient donc un impératif. Quant au Web de données, autre exemple retenu, il implique que l’on puisse relier et interroger de manière simple les données dispersées sur le web [3], mais aussi d’en disposer sans se heurter à des obstacles juridiques.

Or,  pour accéder à des  données et avoir le droit de les utiliser, on s’aperçoit qu’il faut bien  souvent contacter les ayants droit et négocier des licences, ce qui s’avère généralement lent et coûteux.

Pour pallier les risques croissants de réappropriation des données, liés à  l’expansion actuelle de la propriété intellectuelle, ont été développées parallèlement, depuis plusieurs années, des approches techniques et juridiques dites « ouvertes ».

Les données libres et ouvertes permettent ainsi de disposer d’un fonds commun de données dans lequel n’importe qui peut puiser et ce, malgré les différences importantes des contextes juridiques et institutionnels de leur création.